Cher ami, vous m’avez mis devant un défi et je relève le défi, d’ailleurs comme toujours sauf exception.
Cher ami, je peux vous écrire un livre sur l’éducation ou/et l’enseignement ; nonobstant, je n'ai ni le temps ni l’envie car d’autres l’ont fait, brillamment, avant moi. Et ça ne sera, pour paraphraser un de mes chers amis, que du congelé réchauffé.
Mais pour nourrir le débat, je participe sur le terme « stratégique », c’est un adjectif qui décrit l’importance essentielle d’un sujet. Du grec stratêgikos (1823), il concerne la stratégie (du grec stratêgia, 1562).
Alors, qu'est-ce que la stratégie ?
Si je dois résumer la stratégie en une seule et petite phrase, alors ça sera « Ensemble d'actions coordonnées. ». Cette définition est utilisée le plus souvent dans la théorie de la décision.
Stratégie, initialement, art de la préparation et de la conduite des guerres. À l'époque contemporaine, la stratégie a envahi les sphères politique (stratégie électorale), économique (stratégie d'entreprise) et sociale (pédagogie de l’enseignement). De spécialité militaire, la stratégie est ainsi devenue transdisciplinaire. Elle consiste d'abord à définir des finalités générales que l'on cherche à atteindre par la combinaison de tous les éléments à la disposition des acteurs, qu'il s'agisse ou non des États. Elle implique également une étroite intégration des facteurs économiques, politiques, culturels et sociaux. Elle s'oppose en cela à la tactique, qui est l'art de disposer et de manœuvrer des forces ou des éléments sélectifs pour atteindre un objectif ou une fin limités dans le temps et l'espace. A noter que le mot tactique s'emploie lorsque des bâtiments ou une escadre sont arrivée au contact de l'ennemi.
À l'âge de la dissuasion nucléaire et de l'affrontement idéologique et politique entre les deux blocs atlantique et soviétique, la stratégie a eu pour principale finalité la désagrégation morale de l'adversaire. Elle est alors devenue une méthode de pensée s'appliquant bien au-delà de la sphère militaire, la guerre n'étant plus qu'un mode parmi d'autres pour élaborer une « stratégie intégrale » portant sur les projets et les philosophies politiques des adversaires en présence.
Aujourd'hui, dans un monde devenu légèrement plus fluide mais toujours incertain, de nouvelles définition et utilisation de la stratégie sont apparues, qui en diminuent relativement le caractère intégral de l'époque de la guerre froide. Et la stratégie devient l’ensemble des choix, d'objectifs et de moyens qui orientent à moyen et à long terme les activités d'une personne, d'un groupe, d'une entreprise ou d'un organisme…ou pour faire court une organisation.
C’est tout l’art de supputer les points faibles de l'adversaire, d'évaluer les forces en présence, de mettre à profit la conjoncture, de choisir les moments appropriés pour faire des offres ou des concessions, de mettre de l'avant des propositions, de recourir à des menaces ou d'accepter une règle à point nommé à l'occasion de la préparation, de la présentation et de la discussion de projets d’accord. Alors que la stratégie embrasse l'ensemble du plan d'action, la tactique regarde son application concrète dans les cas particuliers.
Lorsque la stratégie épouse la planification elle devient méthode de prévision, d'exécution et de contrôle qui a pour objet la réalisation optimale des objectifs fixés. Opération qui consiste à faire l'appréhension des objectifs et la reconnaissance des cheminements logiques qui les concrétisent.
Une stratégie est dite implicite lorsque, non manifestée ex ante, elle reste enfouie dans les convictions personnelles de certains dirigeants et ne sert qu'aux justifications ex post. Elle est explicite lorsque son expression est suffisamment claire pour servir de guide à l'action des principaux dirigeants. En conséquence, une stratégie explicite appelle une description détaillée tant qualitative que quantitative des fins, des forces et de leur déploiement.
La Stratégie est dite d’entreprise lorsqu’elle traduit les orientations générales envisageables pour atteindre ses buts dans un environnement donné et face à une concurrence donnée. Le choix de ces orientations doit tenir compte d'éléments tels que : menaces et opportunités inhérentes à l'environnement, forces et faiblesses de l'unité économique, valeurs personnelles des principaux responsables de la mise en oeuvre de la stratégie, attentes des consommateurs à l'égard de l'unité économique. Les choix d'objectifs et de moyens visant à orienter les activités et structures de l'ensemble de l'entreprise ou du groupe précisent le taux de croissance visé, le champ de l'expansion et ses directions, les forces majeures et les avantages compétitifs à exploiter.
La stratégie est dite globale lorsqu’elle assure le déploiement d'une organisation dans des secteurs d'activité porteurs d'avenir. Cette stratégie consiste à sélectionner des activités et à répartir entre celles-ci des ressources qui sont toujours limitées.
Lorsque la stratégie touche l’éducation elle devient prévision et préparation souples des phases successives de la mise en oeuvre d'une innovation ou d'une recherche de quelque envergure dans le domaine de la pédagogie. L'introduction dans les écoles d'une initiative importante dépend de la réalisation de conditions préalables qui exigent une durée différente (ex. : l'édition de livres, la fabrication de matériel didactique, la préparation du personnel, l'élaboration d'instruments de contrôle). Le passage d'une étape à la suivante suppose une coordination souvent extrêmement délicate et le moindre hiatus peut compromettre un travail préalable de plusieurs années. C'est pourquoi les responsables, contrairement aux pratiques de la planification impérative, prévoient dans leurs projets des mesures destinées à corriger rapidement des difficultés inattendues (ex. : réserves budgétaires, moyens de transport, dépôts de matériel, personnel de suppléance, contrôles objectifs à chaque phase de l'action).
Termes apparentés : gestion stratégique, planification stratégique, stratégie générale, stratégie globale, stratégie concurrentielle, stratégie d'alliance, stratégie d'imitation, stratégie d'innovation, stratégie de contournement, stratégie de coopération, stratégie de coût, stratégie de diversification, stratégie de pénétration, stratégie de prix, stratégie de production, stratégie de rupture, stratégie défensive, stratégie générique, stratégie industrielle, stratégie marketing, stratégie offensive…
Enfin, la stratégie est l’art d'organiser et de coordonner un ensemble d'opérations pour parvenir à un but. Et même la définition militaire à un sens suprasectoriel qui décrit la stratégie comme l’art de la coordination de l'ensemble des forces d'un pays pour préparer et organiser une défense. Et la meilleure façon d’assurer cette protection est, avant tout, par le savoir ; autrement dit, par l’éducation et l’enseignement.
J’espère, cher ami, avoir rependu à vos interrogations.
Bibliographie (cette bibliographie est relativement ancienne mais loin d’être désuète) :
1. Centre international du droit des affaires. Lexique pratique commercial : 3 000 définitions, 300 abréviations usuelles, traduction de 650 mots anglo-saxons, bilan visualisé. Paris, Regif, 1973, p. 380.
2.Comité d'étude du vocabulaire du marketing, 1979.
3.Conso, Pierre et autres. Dictionnaire de gestion financière : avec lexiques français-anglais et anglais-français. Paris, Dunod, 1979, p. 355.
4.Conso, Pierre et autres. Dictionnaire de gestion financière : avec lexiques français-anglais et anglais-français. Paris, Dunod, 1979, p. 409.
5.Desgagné, Julie. Terminologie fondamentale de la comptabilité de management : anglais-français. - Hamilton, Ontario : Société des comptables en management du Canada, 1994, p. 69.
6.Desgagné, Julie. Terminologie fondamentale de la comptabilité de management : anglais-français. - Hamilton, Ontario : Société des comptables en management du Canada, 1994, p. 68.
7.Desgagné, Julie. Terminologie fondamentale de la comptabilité de management : anglais-français. - Hamilton, Ontario : Société des comptables en management du Canada, 1994, p. 15.
8.Dictionnaire Gruss de marine. 5e éd. Paris, Éditions maritimes & d'Outre-mer, 1978, p. 286.
9.Dion, Gérard. Dictionnaire canadien des relations du travail. - Québec : Presses de l'Université Laval, 1976, p. 336.
10.Filkins, James H.; Caruth, Donald L. Lexicon of american business terms. -
11.Hotyat, Fernand ; Delepine-Messe, Denise. Dictionnaire encyclopédique de pédagogie moderne à l'usage des enseignants, des éducateurs et des parents. - Avec la collab. de Charles Touyarot. Paris, Nathan, 1973, p. 292.
12.Kotler, Philip. Marketing management : analysis, planning and control. 2nd ed.
13.Kotler, Philip. Marketing management : analysis, planning and control. 2nd ed.
14.Lendrevie, Jacques et autres. Mercator, théorie et pratique du marketing. Paris, Dalloz, 1974, p. 307.
15.Ménard, Louis; Arsenault, Murielle; Joly, Jean-François. Dictionnaire de la comptabilité et de la gestion financière : anglais - français avec index français - anglais. - Avec la collab. d'Henri Olivier et autres; publié en collab. avec l'Ordre des experts comptables et des comptables agréés de France et l'Institut des réviseurs d'entreprises de Belgique – Toronto ; Montréal : Institut canadien des comptables agréés, 1994.
16.Meta : Journal des traducteurs = Translator's journal. - Montréal, Presses de l'Université de Montréal. - vol. 15, n° 4, décembre 1970, p. 222.
17.Meta : Journal des traducteurs = Translator's journal. - Montréal, Presses de l'Université de Montréal. - vol. 15, n° 4, décembre 1970, p. 224.
18.Microsoft Corporation. collection Microsoft Encarta.
19.Oliver, A.L., ss la dir. de. Recherche opérationnelle : vocabulaire français-anglais, anglais-français = Operational research : English-French, French-English vocabulary. - Avec la collab. de J. Abadie et autres. Paris, Dunod, 1967, p. 126, autre mention : part II.
20.Ontario. Ministère des Services sociaux et communautaires. Lexique = Lexicon. - [Toronto] : ministère des Services sociaux et communautaires = Ministry of Community and Social Services, 1991, p. 32.
21.Québec. Ministère des affaires municipales. Direction générale de la prévention des incendies. Dictionnaire anglais - français de la prévention des incendies. Québec, Éditeur officiel du Québec, 1975, p. 142.
22.Sylvain, Fernand. Dictionnaire de la comptabilité et des disciplines connexes. - Avec la collab. de Murielle Arsenault... [et autres] - 2e éd. ent. rev., corr. et augm. - Toronto : Institut canadien des comptables agréés ; Paris : Ordre des experts comptables agréés ; Bruxelles : Institut des réviseurs d'entreprises, 1982, p. 376.
23.Sylvain, Fernand. Dictionnaire de la comptabilité. - Avec la collab. de Murielle Arsenault et de Marie-Eva de Villers-Sidani. - Toronto, Institut canadien des comptables agréés - 1977, p. 155.
24.Tézénas du Montcel, Henri. Dictionnaire des sciences de la gestion. - France, Mame - 1972, p. 305.
NB : Comme on dit au Niger « ne nous faites pas croire que dans l’eau il n’y a que des hippopotames et des crocodiles ».